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Sud-Liban : rentrée, récolte et retour, un automne fragile pour les villages chrétiens

Après deux guerres en moins de deux ans, les villages chrétiens du Sud-Liban tentent de reprendre une vie normale : écoles rouvertes, olives à récolter, maisons à réparer, dans une sécurité toujours incertaine.

Actualité Rédaction MSL 4 min de lecture

L'automne est d'ordinaire, au Sud-Liban, le temps de la rentrée des classes et de la récolte des olives. En 2026, ces deux rendez-vous ont une saveur particulière pour les villages chrétiens du diocèse de Tyr et de la région de Marjayoun, qui sortent de deux guerres en moins de deux ans.

Deux guerres en deux ans

La première s'est achevée avec le cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, comme le rapportait alors France 24. Elle avait déjà laissé des traces lourdes : selon une évaluation de la FAO, du ministère libanais de l'Agriculture et du CNRS libanais, citée par Olive Oil Times, le secteur agricole a subi environ 118 millions de dollars de dégâts et 586 millions de dollars de pertes entre octobre 2023 et novembre 2024.

Les combats ont repris le 2 mars 2026. Au plus fort de cette nouvelle guerre, en avril, plus de 1,2 million de personnes étaient déplacées au Liban, selon Al Jazeera. Un accord de cessation des hostilités a été négocié fin juin sous l'égide des États-Unis. Mi-août, l'ONU estimait qu'environ 860 000 personnes étaient rentrées chez elles, mais que 360 000 restaient déplacées, tout en signalant que des frappes se poursuivaient.

Des villages inégalement touchés

Tous les villages chrétiens n'ont pas vécu la même chose. Le 11 mars 2026, l'ILDES, partenaire de MSL, dressait un état des lieux à partir des informations transmises par les curés :

  • à Qaouzah et Yaroun, les habitants étaient entièrement déplacés et les villages entièrement détruits ;
  • Alma el-Chaab était entièrement vidée de ses habitants et partiellement détruite ;
  • à Deir Mimas, environ 90 % des habitants étaient partis, et 70 % à Jdeidet Marjayoun ;
  • à Debel, Rmeich et Aïn Ebel, au contraire, peu d'habitants étaient partis et les villages n'étaient pas détruits.

Une rentrée en présentiel

Malgré les difficultés, les écoles chrétiennes ont tenu à rouvrir. Dans une lettre du 28 septembre adressée à MSL, le père Michel Kambar, secrétaire du jumelage entre le diocèse de Tyr et la paroisse Sainte-Jeanne-d'Arc de Versailles, rapporte le témoignage du père Fadi Fellefli, curé de Debel : toutes les écoles de la région accueillent leurs élèves, aucune n'est passée entièrement à l'enseignement à distance.

À Marjayoun, sœur Hiam, directrice de l'école des Saints-Cœurs, a rouvert ses portes pour la rentrée du 15 septembre, alors que l'établissement avait été bombardé au début de la guerre. Elle l'a fait, a-t-elle expliqué à la revue Conflits, pour encourager les familles chrétiennes à rester dans la région. « Le matin la situation sécuritaire est calme, mais la nuit on ne dort pas », écrivait-elle.

Une récolte incertaine

Pour les familles d'oléiculteurs, la récolte d'octobre et novembre est une ressource essentielle. À Aïn Ebel, une conseillère municipale confiait en septembre à Conflits son inquiétude : les agriculteurs ne peuvent pas accéder librement aux terres situées en périphérie du village, et nul ne sait si elles seront sûres pour la cueillette.

À Deir Mimas, selon une productrice interrogée par Olive Oil Times, environ 20 % des oliveraies restent inaccessibles et l'accès aux autres nécessite des autorisations. Un agriculteur du village explique que sa famille n'a pas pu récolter depuis trois ans. Dans la même région, Le Monde décrit une récolte commencée mi-octobre à Rachaya el-Foukhar, autre village chrétien de la région, sur fond de restrictions d'accès à une partie des terres.

Des maisons à réparer

Le père Kambar évoque aussi les maisons endommagées ou devenues inhabitables, et les familles qui vivent à plusieurs sous le même toit, chez des proches. Les revenus ont fortement baissé, notamment pour les agriculteurs et les fonctionnaires. « Continuer l'école, permettre à un malade de rejoindre un hôpital, aider une famille à vivre dignement, garder les gens sur leur terre : ce sont devenus de petits combats de chaque jour », écrit-il. Il ajoute que les gens reviennent dès qu'ils le peuvent.

Ce que fait MSL

Les parrainages de familles soutenus par MSL servent précisément à cela : payer une scolarité, des médicaments, une réparation de logement. Pour aider une famille du Sud-Liban à traverser cet automne, découvrez comment agir avec MSL.

Sources

  1. Trêve Israël-Hezbollah : un cessez-le-feu en terrain miné, France 24 (27 novembre 2024)
  2. Point de situation de l'ILDES au 11 mars 2026, ILDES / Missions Solidarité Liban (11 mars 2026)
  3. In Lebanon's Olive Groves, War Deepens a Fight to Protect the Land, Olive Oil Times (9 juillet 2026)
  4. Lebanon: 860,000 displaced people have returned home, but humanitarian crisis remains 'immense', ONU Info (UN News) (18 août 2026)
  5. How Israel's destruction of south Lebanon is making displacement permanent, Al Jazeera (13 septembre 2026)
  6. Reportage – Dans les villages chrétiens du Sud-Liban, Conflits (18 septembre 2026)
  7. Lettre du père Michel Kambar à Caroline de Raimond (28 septembre 2026), Missions Solidarité Liban (28 septembre 2026)
  8. Les exportations d'huile d'olive libanaise s'effondrent alors que le conflit perturbe la récolte et le commerce, Olive Oil Times (5 octobre 2026)
  9. Dans le sud du Liban, une récolte des olives dans l'ombre de l'occupation israélienne, Le Monde (20 octobre 2026)

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