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Rmeich, Debel et Aïn Ebel, trois villages restés habités malgré la guerre

Depuis mars 2026, les habitants de ces trois villages chrétiens frontaliers ont choisi de rester chez eux. Isolés, ils dépendent de convois humanitaires et manquent d'eau et de soins.

Actualité Rédaction MSL 4 min de lecture

Rmeich, Debel et Aïn Ebel se trouvent dans le caza de Bint Jbeil, à quelques kilomètres de la frontière sud du Liban. Ces trois villages chrétiens sont familiers des amis de MSL : plusieurs familles y sont parrainées depuis des années, et les écoles de Debel et d'Aïn Ebel sont jumelées avec des établissements de Versailles. Depuis la reprise de la guerre, le 2 mars 2026, ils vivent une situation à part.

Le choix de rester

Lorsque les ordres d'évacuation ont visé de nombreuses localités du Sud, la plupart des habitants de ces villages ne sont pas partis. Le père Michel Kambar, secrétaire du jumelage entre le diocèse de Tyr et la paroisse Sainte-Jeanne-d'Arc de Versailles, l'expliquait dès le mois de mars dans une lettre à la présidente de MSL : beaucoup savent qu'un départ rendrait le retour très difficile. « Ils ont donc choisi de rester, malgré la peur », écrivait-il.

En avril, l'hebdomadaire La Vie rapportait qu'Aïn Ebel comptait encore environ 350 familles, soit un petit millier d'habitants. En juillet, Le Monde estimait à 7 000 le nombre de personnes vivant toujours dans les trois villages, parmi les rares localités de la zone frontalière dont la population n'a pas été contrainte au départ.

Des villages coupés du reste du pays

Ces villages se trouvent dans la bande frontalière où l'armée israélienne s'est déployée. Pour en sortir ou y entrer, les habitants doivent passer par un dispositif de coordination : selon Le Monde, les noms des passagers, les plaques des véhicules et la destination doivent être communiqués 48 heures à l'avance, par l'intermédiaire de la Finul. La revue Conflits décrit en septembre des convois limités à deux ou trois par semaine.

Ce quotidien sous contrainte pèse sur tout : le travail, les soins, l'approvisionnement. Le maire de Rmeich, Hanna el-Amil, a confié à Conflits que les habitants perdent leurs emplois et n'ont pas de visibilité sur l'avenir. À l'entrée de Debel, Le Figaro a vu en juillet une soixantaine de maisons dynamitées.

L'eau et la santé, premières préoccupations

En juin, Médecins sans frontières a rendu compte de deux visites de ses équipes dans les trois villages. Son constat, relayé par L'Orient-Le Jour :

  • à Debel, la principale source d'eau n'est plus accessible et le réseau de pompage est en panne, ce qui oblige les familles à acheter de l'eau livrée par camion ;
  • à Aïn Ebel, le forage principal est hors service ;
  • à Rmeich, un seul des deux forages fonctionne encore.

MSF signale aussi des délais pouvant atteindre 72 heures ou plus pour transférer un malade vers un hôpital, et des besoins croissants en santé mentale. L'ONG a distribué des kits d'hygiène, de la farine et des produits de première nécessité.

Des convois portés par l'Église

L'aide arrive principalement par des convois humanitaires. Vatican News cite ceux de l'Œuvre d'Orient, de Caritas et du Vatican, protégés par la Finul.

Mgr Charbel Abdallah, archevêque maronite de Tyr, a raconté à MSL l'un de ces voyages, le 25 avril 2026 : un convoi d'environ dix-huit camions chargés de vivres et de carburant, accompagné de véhicules de Caritas, de l'armée libanaise et d'un contingent italien de la Finul. Il a fallu plus de cinq heures, par des routes agricoles, pour rejoindre les paroisses. L'archevêque y a remis aux curés de Debel, Rmeich et Aïn Ebel l'aide envoyée par les donateurs du jumelage, en expliquant qu'elle venait des donateurs du jumelage. « La guerre demeure d'une extrême dureté : les besoins sont immenses, et l'accès aux populations reste extrêmement difficile et délicat sur le plan sécuritaire », écrivait-il.

À Aïn Ebel, une conseillère municipale, Annie Abou Aziz, résumait en septembre le souhait de tous : « Nous voulons simplement continuer à vivre chez nous, en sécurité et dans la dignité. »

Ce que fait MSL

Les familles que MSL parraine dans ces villages sont suivies sur place par la Société Saint-Vincent-de-Paul, dont le responsable au Sud-Liban est le curé de Debel. Chaque don contribue à les aider à tenir sur leur terre. Pour soutenir ces familles, vous pouvez faire un don.

Sources

  1. Nos actions, Missions Solidarité Liban (4 février 2022)
  2. Historique, Missions Solidarité Liban (23 novembre 2024)
  3. Comité solidarité Liban, Paroisse Sainte-Jeanne-d'Arc de Versailles (15 mars 2026)
  4. Lettre du père Michel Kambar à Caroline de Raimond (mars 2026), Missions Solidarité Liban (13 mars 2026)
  5. Chrétiens du Liban sud : « La Vierge Marie est notre dernier espoir », La Vie (17 avril 2026)
  6. Lettre de Mgr Charbel Abdallah, archevêque maronite de Tyr, aux amis du jumelage, Missions Solidarité Liban (29 avril 2026)
  7. Difficultés d'accès à l'eau et aux soins : MSF met en garde contre l'isolement prolongé de Rmeich, Debel et Aïn Ebel, L'Orient-Le Jour (24 juin 2026)
  8. Lebanon: Inhabited border villages in Southern Lebanon remain isolated as residents struggle to access water and essential services, Médecins sans frontières (25 juin 2026)
  9. « Ici, nous sommes en prison » : la vie sous occupation israélienne dans les villages chrétiens du Sud-Liban, Le Figaro (2 juillet 2026)
  10. Les infos de L'Œuvre d'Orient - 9 juillet 2026, Vatican News (9 juillet 2026)
  11. Au Liban, la vie en sursis de trois villages chrétiens enclavés dans la zone occupée par Israël, Le Monde (21 juillet 2026)
  12. Reportage – Dans les villages chrétiens du Sud-Liban, Conflits (18 septembre 2026)

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